Hors du pays réel

Au comptoir

Chacun, pour peu qu'il s'examine avec conscience, constatera d'ailleurs le soin qu'il prend à détourner son imagination d'un avenir si confus et si déplaisant, ainsi qu'il écarterait en rougissant un souvenir malsain (sans doute par quelque phénomène d'antémémoration); avec quel naturel nous éludons toute considération quant au futur imminent, ce qui en est déjà concevable par les événements qui nous y mènent, ce qui peut s'en prédire d'après des circonstances déjà présentes et visibles et si précipitées que les journaux même ne se donnent plus la peine d'en dissimuler les symptômes; qui sont autant de prémices et de causes prochaines au regard de la pensée qui les examine. Les rougeoiements en projettent vers nous de longues ombres qui déjà nous enveloppent: nous tâtonnons et nous croyons voir, nous reniflons les combustions d'un monde parti en fumées et nous croyons penser.
Baudoin de Bodinat

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Vendredi 30 mars 2007

Marre du haussement de sourcil du futur énarque assis en face de vous, qui a le mauvais gôut de trouver la vinasse très fruitée, et de vouloir vous en servir un verre, comme si vous ne sentiez pas déjà le poids du vide dans votre portefeuille ?

Marre de devoir expliquer pourquoi on aime pas les lumières ? Marre d'expliquer que Marx n'est pas un connard de gauchiste qu'il faut mettre à la poubelle sans l'avoir lu ?

Pour toutes ces raisons qui n'ont rien à voir, lisez l'ouvrage de Christophe Ramaux, avec un peu de chance vous aurez un peu plus d'arguments pour ne pas passer pour le gauchiste de service si vous préférez Sarko, d'éviter les anathèmes et l'étiquette ignorant si vous êtes plutôt aveugle au point de suivre le vieux borgne, et pour les autres, c'est à dire les bourgeois de gauche néo réacs façon supporters de Ségo, vous aurez encore toutes les chances de sentir un frisson dans le cou après avoir reposé l'ouvrage sur votre table de chevet. Il ya deux cents ans on appelait ça l'effet guillotine.

Par Sandalle
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Vendredi 15 juin 2007

Nobles et valets

Ces nobles d'autrefois dont parlent les romans,
Ces preux à fronts de boeuf, à figures dantesques,
Dont les corps charpentés d'ossements gigantesques
Semblaient avoir au soi racine et fondements ;

S'ils revenaient au monde, et qu'il leur prît l'idée
De voir les héritiers de leurs noms immortels,
Race de Laridons, encombrant les hôtels
Des ministres, - rampante, avide et dégradée ;

Êtres grêles, à buscs, plastrons et faux mollets : -
Certes ils comprendraient alors, ces nobles hommes,
Que, depuis les vieux temps, au sang des gentilshommes
Leurs filles ont mêlé bien du sang de valets !

Par Sandalle
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Le Peu d'avenir

 "Il est élu, mais il pense déjà à autre chose. Rien ne le satisfait, il est comme ces "rich and famous" aux Etats-Unis qui veulent toujours la plus belle femme, la plus belle voiture, la plus belle maison. Il s'en fout de la France et des Français. "

Dominique de Villepin

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