"La politique, c'est un peu comme un chewing gum : on mâche, on remâche, souvent, ça gonfle, mais on rigole bien"
Saint Thomas d'Aquin
Chacun, pour peu qu'il s'examine avec conscience, constatera d'ailleurs le soin qu'il prend à détourner son imagination d'un avenir si confus et si déplaisant, ainsi qu'il écarterait en rougissant un souvenir malsain (sans doute par quelque phénomène d'antémémoration); avec quel naturel nous éludons toute considération quant au futur imminent, ce qui en est déjà concevable par les événements qui nous y mènent, ce qui peut s'en prédire d'après des circonstances déjà présentes et visibles et si précipitées que les journaux même ne se donnent plus la peine d'en dissimuler les symptômes; qui sont autant de prémices et de causes prochaines au regard de la pensée qui les examine. Les rougeoiements en projettent vers nous de longues ombres qui déjà nous enveloppent: nous tâtonnons et nous croyons voir, nous reniflons les combustions d'un monde parti en fumées et nous croyons penser.
Tandis que la presse s'ammuse à
compter les épouses, on vote en catimini le mini-traité, ressucée intégrale du Traité européen contre lequel les français avaient voté non. On aurait bien aimé que le dernier Sms adressé à
Cécilia parvienne à la Chambre partie à Versailles : " Si tu reviens, j'annule tout." Trop tard, le contrat de Lisbonne est signé, Carla Mariée, et Sarkozy occupé à
compliquer les droits de succession de ses fils.
Pendant que des clampins "patriotes" bonnets Phrygiens et drapeaux bleus-blancs-rouges,regardaient impuissants, à travers les boucliers des CRS, leurs camarades d'ATTAC découvrir la traîtrise des
députés socialistes, on entendait ça et là, de militantes LCR crier leur désarroi. A la Lanterne ! A la Lanterne ! La milice du ministère veille au grain, les boucliers
s'entrechoquent, un valet casqué filme. On ne s'étendra pas sur la rupture de lien entre le peuple et ses représentants,sur le déni de démocratie et de légitimité du suffrage universel : les gens
sensés ont compris que nous évoluions désormais dans un totalitarisme qui cache son nom.
La lanterne ? Ce serait leur donner trop d'honneur. La Guillotine ? Ils ont déjà perdu la tête dans leurs étoiles . C'est la corde qu'il faudra. Par les pieds.
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"Il est élu, mais il pense déjà à autre chose. Rien ne le satisfait, il est comme ces "rich and famous" aux Etats-Unis qui veulent toujours la plus belle femme, la plus belle voiture, la plus belle maison. Il s'en fout de la France et des Français. "
Dominique de Villepin
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